Marguerite & François | Propos

Marguerite & François

Propos

En 2007, je suis à Salvador, au Brésil, lauréat de la « Villa Médicis Hors les Murs », je vote donc par procuration.
En mars 2007, j’ai quitté la France de Chirac ; en juin 2007 je suis de retour dans celle de Sarkozy.
Dans un marché aux livres, je trouve Marguerite Duras et François Mitterrand, entretiens. Ici, la conversation est un acte, un temps que s’accorde un chef d’état avec une intellectuelle ; Qu’ils évoquent leur aventure commune dans la résistance, ou confrontent leur vision de l’Amérique de Reagan, de l’Afrique de Khadafi, du devenir de la Gauche. J’ai éprouvé cette nécessité de donner à entendre cette conversation dans la France que je retrouvais.
Depuis 2010, date de la création et jusqu’à l’échéance des présidentielles en 2012, ce texte aura une résonance. Il est une formidable chambre d’écho sur la politique française d’aujourd’hui et l’état du monde. Les voix de Marguerite Duras et de François Mitterrand, leurs silences, leur complicité, leurs provocations et leurs divergences sont encore plus sensibles à l’oral qu’à l’écrit et témoignent d’une époque héroïque, impertinente et lettrée.

Gilles Pastor

Un homme et une femme s’entretiennent de leur souvenir de guerre et de résistance, parlent de politique et embrasse le monde, évoquant l’Amérique et l’Afrique, effleurant l’Asie. Une femme de lettre échange sa vision du monde avec son ami président. Leur parole est d’amitié, affectueuse, grave, généreuse, radicale et, à l’occasion, drôle.
Gilles Pastor a souhaité rendre hommage à cette amitié d’exception, et adapter pour la scène ces conversations. Une artiste et un politique incarnent Marguerite et François : Marief Guittier et Patrice Béghain, prêtant leur corps et leur voix à ce texte recomposé pour la scène.
Marguerite Duras et François Mitterrand encadrent le XXe siècle : deux années séparent leur naissance au début de la première guerre mondiale (1914 pour Duras ; 1916 pour Mitterrand), la mort les emporta la même année 1996, à deux mois d’intervalle.

Stéphane Patrice