Thomas | Propos

Thomas

Propos

Il s’agit d’une plongée ou d’une immersion dans la tête et dans le corps de Thomas.
 Un écran suspendu dans l’espace vide du théâtre diffuse un plan fixe d’une nature montagneuse. Il s’agit d’une nature encadrée ou d’une baie vitrée ouverte sur l’élément naturel.
Un homme entre en scène, Thomas « play-back » l’air de l’opéra Rinaldo de Haendel Cara sposa, amante cara. J’ai toujours été fasciné au théâtre par les désordres individuels qui transforment le monde. Avec sa parole, Thomas enclenche un mouvement.
Il ne se raconte pas lui-même, il est le moteur et le héros de sa propre écriture. Il ne fait pas acte de souvenir ou de mémoire, il écrit, il parle.
Les « je » s’emmêlent, il est son propre grand-père, le poseur de dynamites, le faiseur de théâtres ! Thomas parle de son propre corps. Il part de son propre corps.
L’image vidéo est présente toujours, un plan fixe qui donne une lumière en contre-jour.
Un lent zoom arrière s’effectue et découvre que cette nature encadrée n’était qu’une baie vitrée d’un salon abandonné d’une maison de vacances ou de repos.
Deux fauteuils du salon abandonné sont venus se perdre devant l’image sur le théâtre.
Thomas fait de son propre corps le réceptacle d’écritures : il est Thomas Bernhard, ce monument du théâtre contemporain, qui zoom sur l’enfant qu’il était et sur le poseur de dynamites qu’il est devenu.